{"id":107,"date":"2020-10-03T17:22:34","date_gmt":"2020-10-03T15:22:34","guid":{"rendered":"https:\/\/light-fold.art\/ch\/?p=107"},"modified":"2023-01-16T17:09:30","modified_gmt":"2023-01-16T16:09:30","slug":"mediter-lespace-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/2020\/10\/03\/mediter-lespace-i\/","title":{"rendered":"M\u00e9diter l&rsquo;espace &#8211; I"},"content":{"rendered":"\n<p>J&rsquo;aime bien m\u00e9diter l&rsquo;espace. J&rsquo;aime le sentir autour de moi, ses caract\u00e9ristiques, l&rsquo;ambiance qu&rsquo;il g\u00e9n\u00e8re, les \u00e9motions qui me viennent \u00e0 son contact. Je pense souvent aux espaces blancs des mus\u00e9es. Nota bene : je visite principalement les mus\u00e9es d&rsquo;art traditionnels, caract\u00e9ris\u00e9s par une collection d&rsquo;objets historiques \u00e0 mettre en valeur et pr\u00e9senter au public. Je dois encore \u00e9tendre mon exp\u00e9rience en visitant des mus\u00e9es th\u00e9matiques, des mus\u00e9es d&rsquo;art contemporain, o\u00f9 il semble bien que l&rsquo;espace est con\u00e7u tout diff\u00e9remment. Revenons \u00e0 notre cube blanc. Je ne peux mentir et dire qu&rsquo;il me d\u00e9pla\u00eet enti\u00e8rement ; je l&rsquo;aime surtout quand il est vraiment vide. Le mus\u00e9e est un lieu public, bien s\u00fbr, mais je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de tenter une m\u00e9ditation devant l&rsquo;une ou l&rsquo;autre image qui m&rsquo;attire, et le surgissement, brutal, d&rsquo;un autre visiteur \u00e9quivaut, pour mon \u00e2me d\u00e9licate d&rsquo;introvertie, la pire des intrusions. \u00c0 ce prix, je pr\u00e9f\u00e8re qu&rsquo;il y ait du monde, pour \u00e9viter les mauvaises surprises. <\/p>\n\n\n\n<p>Bref, je l&rsquo;aime quand m\u00eame cet espace, et je sais bien que sa fonction n&rsquo;est pas vraiment d&rsquo;inviter \u00e0 la m\u00e9ditation. C&rsquo;est tellement intime, de m\u00e9diter, de r\u00eaver, de se laisser porter par son imagination au contact d&rsquo;une image. Elle peut nous r\u00e9v\u00e9ler tellement sur nous-m\u00eames, sur nos plis int\u00e9rieurs, quand on lui laisse le temps. Donc le cube blanc, oui, j&rsquo;accepte, m\u00eame si je r\u00eave parfois d&rsquo;une autre pens\u00e9e de l&rsquo;espace pour la m\u00e9diation de l&rsquo;art. D\u00e9j\u00e0, tr\u00e8s simplement, il faudrait plus de si\u00e8ges. Autant de si\u00e8ges que d&rsquo;images, pour le moins. Il faut pouvoir am\u00e9nager son corps confortablement pour offrir \u00e0 son esprit tout le loisir de la contemplation. Et peut-\u00eatre des plus petits espaces aussi, des parcours, un peu labyrinthique, plus intimistes dans leur conception : ce serait l&rsquo;occasion de raconter une histoire, d&rsquo;un tableau \u00e0 l&rsquo;autre, de cr\u00e9er un dialogue dans l&rsquo;espace et le temps, de proposer une v\u00e9ritable approche de la mise en relation des images. Le cube blanc, ce sont quatre murs tapiss\u00e9s, quatre murs qu&rsquo;on prend forc\u00e9ment (ou presque) de droite \u00e0 gauche ou inversement. On fait le tour de la salle, et on change de salle. C&rsquo;est lin\u00e9aire, tellement lin\u00e9aire. Et puis souvent, les salles pr\u00e9sentent un courant artistique, un artiste, une p\u00e9riode &#8211; je ne dis pas, bien s\u00fbr, que la mise en relation d&rsquo;images tr\u00e8s proches n&rsquo;engendre rien, mais ce serait dr\u00f4le, ce serait d\u00e9rangeant, \u00e7a porterait \u00e0 la question d&rsquo;assembler des images <em>qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir<\/em>. Trouver des liens, jouer aux associations, c&rsquo;est bien le propre de notre nature. On a un esprit fait pour le jeu. Et on le fait tr\u00e8s bien : peu importe quoi, on trouve toujours des liens entre les choses qui se pr\u00e9sentent. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais l&rsquo;espace est comme il est, et je m\u00e9dite aussi sur ce qu&rsquo;on peut, en nous-m\u00eames, d\u00e9velopper comme jeu, comme outils, pour faire de l&rsquo;espace <em>donn\u00e9<\/em> un espace <em>v\u00e9cu <\/em>tr\u00e8s diff\u00e9rent. Et bien s\u00fbr, c&rsquo;est le grand th\u00e8me de la m\u00e9diation : il y a un service pour \u00e7a, dans l&rsquo;organigramme du mus\u00e9e, c&rsquo;est une de ses missions bien s\u00fbr. Pour les enfants, des visites ludiques et des ateliers peinture, pour les adultes des visites guid\u00e9es et des conf\u00e9rences. C&rsquo;est une offre qui me pla\u00eet, mais comme toujours, je voudrais <em>plus<\/em>. Pourquoi pas un atelier de peinture pour les adultes ? Une visite guid\u00e9e en dessinant ? Un petit carnet de m\u00e9diation avec des suggestions de parcours, d&rsquo;associations (litt\u00e9rature, film, musique, les possibilit\u00e9s sont infinies). Certains mus\u00e9es, les plus grands, proposent certaines activit\u00e9s dans cette direction. Mais je reste convaincue que la m\u00e9diation devrait \u00eatre beaucoup plus pr\u00e9sente. J&rsquo;aime des salles vides pour me balader dans ma t\u00eate, d&rsquo;une image \u00e0 l&rsquo;autre. Je prends le temps devant un tableau, parfois une heure, m\u00eame deux. J&rsquo;ai appris \u00e0 laisser le temps. \u00c0 utiliser l&rsquo;image comme un pr\u00e9texte de tant d&rsquo;autres cheminements. Mais je vois comme l&rsquo;espace lui-m\u00eame, cette suite lin\u00e9aire de tableaux aux murs, avec un petit cartel informatif, minimaliste, peut <em>imposer<\/em> une certaine approche, le tour d&rsquo;une salle, rapide, le saut d&rsquo;un tableau \u00e0 l&rsquo;autre, la photographie du cartel, de l&rsquo;\u0153uvre, l&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;une seconde, le <em>zapping<\/em>, en fait. Et c&rsquo;est dommage. Je suis s\u00fbre que d\u00e9j\u00e0, avec plus de bancs\u2026 \u00c0 suivre. <\/p>\n\n\n\n<p>Vinciane Vuilleumier<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;aime bien m\u00e9diter l&rsquo;espace. J&rsquo;aime le sentir autour de moi, ses caract\u00e9ristiques, l&rsquo;ambiance qu&rsquo;il g\u00e9n\u00e8re, les \u00e9motions qui me viennent \u00e0 son contact. Je pense souvent aux espaces blancs des mus\u00e9es. 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