{"id":119,"date":"2021-07-13T09:58:48","date_gmt":"2021-07-13T07:58:48","guid":{"rendered":"https:\/\/light-fold.art\/ch\/?p=119"},"modified":"2023-01-16T17:09:39","modified_gmt":"2023-01-16T16:09:39","slug":"hans-emmenegger-a-la-fondation-de-lermitage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/2021\/07\/13\/hans-emmenegger-a-la-fondation-de-lermitage\/","title":{"rendered":"Hans Emmenegger \u00e0 la Fondation de l&rsquo;Hermitage"},"content":{"rendered":"\n<p>La Fondation de l\u2019Hermitage pr\u00e9sente pour la premi\u00e8re fois un peintre suisse encore inconnu du public romand\u00a0: Hans Emmenegger (1866-1940). Contemporain et proche des artistes suisses reconnus du d\u00e9but du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle \u2013 Cuno Amiet, Giovanni Giacometti ou encore Ferdinand Hodler, il r\u00e9alise une \u0153uvre marqu\u00e9e, jusqu\u2019en 1904, par l\u2019admiration qu\u2019il porte \u00e0 la peinture id\u00e9aliste du b\u00e2lois Arnold B\u00f6cklin, puis par le d\u00e9veloppement d\u2019un naturalisme aux formes synth\u00e9tiques. Sa production, peu repr\u00e9sent\u00e9e dans les fonds mus\u00e9aux suisses en dehors des mus\u00e9es de Lucerne, Soleure et Olten, se d\u00e9cline dans plusieurs genres, des motifs b\u00f6ckliniens aux natures mortes d\u00e9pouill\u00e9es, en passant par un court \u00e9pisode de pal\u00e9oart et une vision tr\u00e8s moderne du paysage. Les diff\u00e9rentes salles de la Fondation permettent au visiteur de percevoir la grande curiosit\u00e9 qui anima le peintre, des premiers faits d\u2019arme \u00e0 tendance id\u00e9aliste jusqu\u2019aux paysages \u00e9pur\u00e9s \u00e0 l\u2019extr\u00eame o\u00f9 ce sont les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels les plus imperceptibles, comme la fonte des neiges, qui gagnent le droit \u00e0 la repr\u00e9sentation. S\u2019il abandonne la figure humaine d\u00e8s 1904, le tableau <em>Fin de journ\u00e9e au lavoir <\/em>(1889), qu\u2019il consid\u00e8re comme \u00ab\u00a0sa premi\u00e8re \u0153uvre\u00a0\u00bb et qui repr\u00e9sente cinq femmes dans un clair-obscur caravagesque, contient d\u00e9j\u00e0 en puissance un th\u00e8me qui deviendra central dans son \u0153uvre\u00a0par la suite : l\u2019ombre. <\/p>\n\n\n\n<p>Le motif de l\u2019ombre permet de brouiller les\nfronti\u00e8res entre champ et hors champ en faisant entrer dans le cadre du tableau\nl\u2019indice d\u2019\u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs, dans une r\u00e9flexion et un regard profond\u00e9ment\nmarqu\u00e9 par le m\u00e9dium photographique. Si Hans Emmenegger se passionne pour la\nphotographie, r\u00e9alisant et collectionnant de nombreux clich\u00e9s, il ne les utilise\ncependant jamais comme r\u00e9f\u00e9rence directe pour sa peinture. L\u2019apport du m\u00e9dium\nphotographique se lit plut\u00f4t dans la sensibilit\u00e9 du peintre \u00e0 la question du hors\nchamp, du cadrage et des perspectives in\u00e9dites sur les objets repr\u00e9sent\u00e9s.\nL\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une telle exposition, mettant \u00e0 l\u2019honneur un peintre peu connu,\nc\u2019est d\u2019offrir aux visiteurs la possibilit\u00e9 de percevoir comment les courants\nculturels et artistiques d\u2019une \u00e9poque sont \u00e9tudi\u00e9s, travaill\u00e9s et transform\u00e9s par\nla pratique tr\u00e8s personnelle d\u2019un peintre situ\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des centres\nartistiques de la Belle \u00c9poque (qu\u2019il fr\u00e9quenta pourtant extensivement \u00e0 la fin\ndu 19<sup>\u00e8me<\/sup>, \u00e0 Paris par exemple o\u00f9 il s\u2019int\u00e8gre dans un important\nr\u00e9seau d\u2019artistes). Comme la plupart des artistes suisses, ce qui d\u00e9finit au\nmieux Hans Emmenegger, c\u2019est cette curiosit\u00e9 profonde pour ce qui se fait,\ncoupl\u00e9e \u00e0 une grande ind\u00e9pendance&nbsp;: s\u2019il teste des solutions picturales\ncomme l\u2019id\u00e9alisme de B\u00f6cklin, Emmenegger ne s\u2019inscrit dans aucune \u00e9cole, dans\naucun &#8211;<em>isme<\/em> de son temps. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quoi tient sa modernit\u00e9&nbsp;? L\u2019exposition\nsouligne d\u2019abord la grande nouveaut\u00e9 des recherches synth\u00e9tiques qu\u2019il d\u00e9veloppe\ndans le cadre de ses paysages&nbsp;: ses int\u00e9rieurs de for\u00eat semblent irr\u00e9els,\nparfois inqui\u00e9tants, \u00e9clair\u00e9s d\u2019une lumi\u00e8re violente, artificielle, avec leurs\nsols d\u00e9pouill\u00e9s et l\u2019infinie obscurit\u00e9 de leurs profondeurs. Les formes sont\nsimplifi\u00e9es, les d\u00e9tails chers \u00e0 Robert Z\u00fcnd, son ami et contemporain qu\u2019on\naura l\u2019occasion de contempler \u00e9galement sur les cimaises, sont ignor\u00e9s \u2013 le\nr\u00e9el est traduit en zones de couleurs vibrantes d\u2019une touche discr\u00e8te, les\nlignes \u00e9pur\u00e9es, l\u2019imagination soustractive du peintre se laisse ressentir \u00e0\nl\u2019occasion de chaque toile. \u00c0 ce synth\u00e9tisme s\u2019associe justement cette\nsensibilit\u00e9 du regard propre \u00e0 l\u2019amateur de photographie&nbsp;: les cadrages\nnient l\u2019horizon, transforment en plan verticaux les \u00e9tendues horizontales de la\nterre et de l\u2019eau, refusent m\u00eame au spectateur la satisfaction du d\u00e9sir qu\u2019on\nne peut s\u2019emp\u00eacher de nourrir devant un paysage, que la tradition suisse, incarn\u00e9e\navec \u00e9clat par le genevois Alexandre Calame, a d\u00e9fini comme la vue grandiose et\npanoramique. <\/p>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re analogue \u00e0 un Courbet, qui fermait\nl\u2019horizon, le d\u00e9robait \u00e0 la vue et substituait \u00e0 la clart\u00e9 d\u2019une vue lointaine\nles ombres d\u2019une paroi rocheuse couverte d\u2019une dense v\u00e9g\u00e9tation, Emmenegger\ntravaille le d\u00e9sir du spectateur. Il d\u00e9joue avec nonchalance les attentes dans <em>Hochwart\n<\/em>(1904), en choisissant comme sujet non pas la vue \u00e0 360\u00b0 degr\u00e9s que le\nsommet offre au promeneur, mais la derni\u00e8re portion du chemin qui m\u00e8ne au\nsommet. Comme le voile qui masque au regard le corps nu d\u2019une V\u00e9nus, la colline\nse dresse devant l\u2019horizon et attise autant l\u2019envie de<em> voir plus<\/em>, de <em>voir\nmieux<\/em>, que l\u2019imagination du spectateur. Priv\u00e9 de la vue panoramique que\npromettent traditionnellement les paysages picturaux, ce dernier est amen\u00e9 en\ndernier recours \u00e0 nourrir son d\u00e9sir par le rappel de ses propres exp\u00e9riences\nd\u2019immensit\u00e9 et d\u2019horizon. C\u2019est aussi dans ce renversement des codes de la\nrepr\u00e9sentation de paysage que se trouve la modernit\u00e9 remarquable de Hans\nEmmenegger&nbsp;: la r\u00e9flexion s\u2019ouvre \u00e0 cette occasion sur la repr\u00e9sentation\nelle-m\u00eame, l\u2019acte de repr\u00e9senter \u2013 que cherche-t-on \u00e0 faire lorsqu\u2019on capture\nun sujet sur une toile&nbsp;? Quels r\u00f4les, quels buts assigne-t-on \u00e0 l\u2019acte de\nrepr\u00e9senter&nbsp;? La r\u00e9ponse, les r\u00e9ponses qu\u2019une telle question m\u00e9rite de\nrecevoir remplirait des livres entiers, mais la comparaison d\u2019une toile de Calame avec <em>Hochwart<\/em> d\u2019Emmenegger\npermet d\u00e9j\u00e0 d\u2019esquisser des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse circonscrits. La repr\u00e9sentation\nest un mode tr\u00e8s particulier de communication&nbsp;: essentiellement, c\u2019est <em>montrer \u00e0 l\u2019autre quelque chose d\u2019absent<\/em>. Deux questions fondamentales informent le\nr\u00e9sultat concret atteint par le peintre&nbsp;: pourquoi montrer ceci&nbsp;? et\ncomment le montrer pour faire <em>passer\nle message<\/em>&nbsp;? Le m\u00eame motif\npeut dire une chose et son contraire, c\u2019est donc toute l\u2019attention et les choix\npr\u00e9sidant \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019\u0153uvre qui permettront de faire dire au motif\nquelque chose de particulier, d\u2019<em>orient\u00e9<\/em>. Les couleurs, la composition, les effets\nvisuels, l\u2019articulation des motifs \u2013 bref, on l\u2019aura compris, la peinture est\nun moyen de communication aussi complexe (si ce n\u2019est plus&nbsp;? question\nouverte) que la langue. <\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi les vues\npanoramiques de Calame&nbsp;? Pour communiquer la grandeur du pays, sa beaut\u00e9,\nson potentiel <em>sublime<\/em> si l\u2019on parle des\nAlpes par exemple, permettre au citadin de poss\u00e9der dans l\u2019\u00e9troitesse d\u2019un\nespace int\u00e9rieur l\u2019immensit\u00e9 g\u00e9nialement reproduite d\u2019un espace incommensurable\n\u00e0 l\u2019\u00eatre humain. C\u2019est superficiel, mais cela capture tout de m\u00eame l\u2019intention\nqui r\u00e9git une peinture de paysage repr\u00e9sentant les vastitudes pr\u00e9sentes sur\nterre. Pourquoi Emmenegger refuse-t-il au spectateur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette grandeur\n\u00e9poustouflante&nbsp;? Pourquoi choisit-il d\u2019occuper tout l\u2019espace du tableau\npar la modeste colline qui devait offrir cette vaste respiration du\npanorama&nbsp;? Ce ne peut \u00eatre une question ni d\u2019incomp\u00e9tence picturale, ni\nd\u2019impossibilit\u00e9 physique&nbsp;: le chemin est l\u00e0 devant qui serpente jusqu\u2019au sommet,\nla peinture nous le montre, ainsi que l\u2019arbre solitaire qui s\u2019y dresse. Je\nproposerais en guise de r\u00e9ponse une simple analogie avec le langage&nbsp;:\nparler par sous-entendus, c\u2019est jouer avec l\u2019esprit de l\u2019autre. Ne pas donner\nce qui est attendu, c\u2019est stimuler l\u2019imagination, c\u2019est activer les ressources\npropres du spectateur \u2013 et c\u2019est \u00e9galement, bien entendu, poser la question de\nla repr\u00e9sentation elle-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de l\u2019art\nmoderne, c\u2019est exactement l\u2019histoire de cette question. Il fut un temps o\u00f9\nl\u2019univers des repr\u00e9sentations possibles \u00e9tait limit\u00e9&nbsp;: il y avait des\ngenres, des codes, qui organisaient une base de donn\u00e9es collective de ce qui <em>fait image<\/em>. La figure humaine et ses mises en sc\u00e8ne, les\nobjets, les paysages \u2013 mais certains, seulement, pas tous. Au milieu du 19<sup>\u00e8me<\/sup>\nsi\u00e8cle certains artistes commenc\u00e8rent \u00e0 se sentir \u00e0 l\u2019\u00e9troit&nbsp;: et si on\nrepr\u00e9sentait des choses in\u00e9dites&nbsp;? Ce n\u2019est pas seulement les motifs qui\npouvaient \u00eatre in\u00e9dits, mais la mani\u00e8re m\u00eame, la perspective sur les motifs\ntraditionnels qui devait aussi trouver des voies in\u00e9dites. Le 20<sup>\u00e8me<\/sup>\nsi\u00e8cle a vu l\u2019explosion magnifique de ce courant de pens\u00e9e, d\u2019abord dans les\nr\u00e9alisations de toutes les avant-gardes successives, puis avec le tous azimut\nde l\u2019art contemporain depuis les ann\u00e9es 1960. Une seule question r\u00e9sume, de\nmani\u00e8re synth\u00e9tique, ces recherches innombrables et infinies&nbsp;: que\nreste-t-il d\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 l\u2019univers des repr\u00e9sentations&nbsp;? Existe-t-il\nquelque chose qui n\u2019a pas encore gagn\u00e9 sa place comme <em>repr\u00e9sentation&nbsp;<\/em>? Cette effervescence incroyable des volont\u00e9s\nde repr\u00e9senter ce qui n\u2019appartenait pas encore au royaume de l\u2019image, je\nl\u2019associe facilement \u00e0 l\u2019effervescence tout aussi remarquable des ouvertures de\nconscience successives, de la progressive autor\u00e9flexivit\u00e9 de l\u2019humain dans les\nconditions modernes d\u2019existence&nbsp;: les deux mouvements ne peuvent qu\u2019\u00eatre\nintimement li\u00e9s, si la mise en image incessante de nouvelles portions in\u00e9dites\ndu r\u00e9el refl\u00e8te l\u2019attention consciente que ce r\u00e9el re\u00e7oit soudain. Mettre en\nimage, c\u2019est ce que notre cerveau fait, avant et contre tout&nbsp;: c\u2019est parce\nqu\u2019on visualise qu\u2019on comprend, dans le double sens du verbe \u2013 prendre avec,\nint\u00e9grer, et <em>faire sens. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Hans Emmenegger se\ndistingue aussi par sa mise en image du d\u00e9licat ph\u00e9nom\u00e8ne de la fonte des\nglaces&nbsp;: non pas invisible, mais imperceptible \u00e0 celui qui ne prend pas le\ntemps d\u2019observer longtemps. Ses toiles frisant avec l\u2019abstraction ne montrent <em>presque rien<\/em>&nbsp;: des taches blanches et bleut\u00e9es \u00e9pousant\nles courbes in\u00e9gales du sol. Ce n\u2019est pas l\u2019espace \u2013 le r\u00e9el et l\u2019organisation\nde ses \u00e9l\u00e9ments \u2013 qui int\u00e9resse ici le peintre, mais le temps. La\nrepr\u00e9sentation de cette neige informe, modeste et insignifiante, porte un\nmessage particulier&nbsp;: ce n\u2019est pas la neige, sujet du tableau, qu\u2019il\ns\u2019agit de <em>voir<\/em>, mais la posture contemplative\ndu peintre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019<em>\u00e9prouver<\/em>. Repr\u00e9senter\nl\u2019insignifiance, c\u2019est la voie royale pour d\u00e9tourner l\u2019attention de l\u2019objet en\nrendant sensible la posture du peintre face \u00e0 la vie&nbsp;: ce n\u2019est pas,\n\u00ab&nbsp;regarde ce que j\u2019ai vu&nbsp;\u00bb, mais \u00ab&nbsp;contemple comme je\ncontemple&nbsp;\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/light-fold.art\/ch\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/RL_juillet_illu2-751x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-120\" width=\"474\" height=\"646\" srcset=\"https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/RL_juillet_illu2-751x1024.jpg 751w, https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/RL_juillet_illu2-220x300.jpg 220w, https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/RL_juillet_illu2-768x1047.jpg 768w, https:\/\/i-les.ch\/lightfold\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/RL_juillet_illu2-1140x1554.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px\" \/><figcaption>Composition d&rsquo;esquisses bas\u00e9es sur des oeuvres de Hans Emmenegger<\/figcaption><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Fondation de l\u2019Hermitage pr\u00e9sente pour la premi\u00e8re fois un peintre suisse encore inconnu du public romand\u00a0: Hans Emmenegger (1866-1940). 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